1/ Bonjour Axel, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Axel : Bonjour Michaelle, alors j’ai 24 ans, je suis diplômé depuis un peu plus d’un an dans le domaine du marketing des services. A l’issue de mes études je suis parti travailler à Québec au sein de l’agence 04h11, spécialisée en visualisation de données. Et depuis quelques semaines je suis de retour en France où je cherche du travail. Auparavant j’ai enchaîné différentes expériences en agences entre La Rochelle et Paris. Mes différents responsables en entreprise ont dit de moi que j’étais quelqu’un de polyvalent et c’est peut-être ce qui me caractériserait, du moins dans le travail.

2 / Tu viens de créer une mini-campagne à toi tout seul en interpellant Twitter à t’aider à trouver du travail avec l’accroche : Twitter, veux-tu m’aider à trouver du travail ? Allez, dis oui ! D’où t’es venue l’idée de faire ta promotion via les réseaux sociaux pour faire venir les recruteurs à toi ?

Axel : Je suis actif sur Twitter depuis 2009, c’est un réseau social que j’apprécie parce qu’il me permet à la fois d’être le premier informé quand il se passe quelque chose dans le monde, de débattre et même de faire de l’humour. Si on cherche quelque chose, on est sûr de le trouver sur Twitter. Alors pourquoi pas du travail ?

Twitter offre une visibilité que n’offre aucun autre canal « gratuit ». Mon tweet publié hier a été affiché plus de 26.000 fois. 230 personnes ont consulté mon cv. Il n’y a que Twitter qui permette cela ! Et puis il y a le collectif i4emploi, qui fait en sorte d’accentuer la visibilité des personnes qui comme moi, recherchent du travail grâce à ce réseau. C’est une belle initiative et je les en remercie.

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3/ Aujourd’hui pour les jeunes de ta génération tu penses que c’est indispensable de postuler via les réseaux sociaux ?

Axel : Indispensable, je ne pense pas. J’ai beaucoup de connaissances qui ont trouvé du travail de manière tout à fait traditionnelle, pour ne pas dire « à l’ancienne » ! Ce qui est sûr, c’est que l’on parle souvent de « faire marcher son réseau » pour trouver du travail. Les réseaux sociaux font désormais partie des outils qui permettent cela. Il est possible de faire savoir que l’on cherche du travail et éventuellement d’être mis en relation avec la bonne personne.

Je n’en fais pas la base de mes démarches, mais force est de constater que me concernant, les contacts les plus avancés proviennent de Twitter. J’ai des exemples d’entretiens que je n’aurais jamais obtenus si je n’avais pas été actif sur ce réseau social. J’ai d’ailleurs trouvé mon stage de fin d’étude sur Paris grâce à un tweet, qui a débouché sur un contact téléphonique, pour finir par un entretien concluant et une excellente expérience professionnelle.

4 / En tout cas force est de constater que tu as déclenché un sacré buzz : 162 RT et 45 likes ! Ce qui inévitablement m’amène à te poser la question : as-tu déjà reçu des propositions d’interviews ?

Axel : Depuis la publication de ce tweet, j’ai eu différents contacts. J’ai reçu notamment des mails d’agences de recrutements qui m’ont fait parvenir des annonces. J’ai même été appelé par une créatrice de start-up qui souhaitait demander un financement pour un poste correspondant à mon profil et savoir si cela pouvait m’intéresser. On m’a même appelé pour me parler d’une opportunité en Grèce, sur Athènes. J’attends des précisions !

5/ Que trouves-tu difficile aujourd’hui pour trouver un emploi ?

Axel : Aujourd’hui, nous avons accès à toutes les offres disponibles sur le net, de nombreux sites créent automatiquement des listes d’annonces correspondant parfaitement à son profil. Mais je ne me fais pas d’illusions, nous sommes très nombreux à postuler à ces annonces et de très nombreux recrutements ne passent par le système d’annonces classiques. La principale difficulté en tant que jeune diplômé, c’est le manque d’expérience. Pour ma part, j’ai effectué quatre stages au cours de mon cursus universitaire. Après cela, je suis parti travailler à Québec. Et pourtant, cela ne semble jamais être assez. Je pense notamment à un poste au sein d’une agence nantaise qui me plaisait particulièrement. Ma candidature retenue, j’avais passé des tests, puis un entretien, la personne en charge du recrutement avait même contacté mes précédents responsables en entreprises pour en savoir plus, tous avaient été élogieux me concernant. Le ressenti était excellent. Et finalement, j’ai reçu un message me faisant savoir que :

« Malheureusement, ils étaient partis sur un profil avec une expérience signifiante dans une grosse agence ». C’est le chat qui se mord la queue, pour avoir un job, il faut de l’expérience et pour avoir de l’expérience…

6/ Que recherches-tu comme poste ? C’est quoi qui te fait vibrer dans ton job ?

Axel : Toutes mes expériences ont été en agences, sur de la charge de projet. C’est donc ce type de poste que je recherche. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est suivre un projet de bout en bout. Voir ses recommandations être prises en compte, prendre forme, jusqu’à ce que le projet soit livré au client. J’ai par ailleurs travaillé sur un mémoire portant sur les communautés de marques en ligne et l’impact sur l’engagement et la fidélisation. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement. Avoir un poste qui associe la gestion de projets et le management de communautés serait l’idéal. Et si cela pouvait être dans le domaine du tourisme, du sport ou de la musique. Mais j’en demande peut-être un peu trop.

7/ Ton site internet axel.pillaud.com pourrait faire pâlir plus d’une agence…c’est toi qui a réalisé ton site ? Avec quelle technologie ? Là encore avoir une visibilité en ligne pour ta génération c’est crucial ?

Axel : Mon site internet, je l’ai fait moi-même grâce au CMS WordPress. Je n’ai pas de formation ni de compétences particulières pour réaliser des sites web. Pour être tout à fait honnête, j’ai plutôt l’habitude d’être celui qui dit «  le site doit être construit comme ça, avec telles fonctionnalités et tel contenu ».

Mais sur internet, on peut tout apprendre, à commencer par le fait de créer et héberger un WordPress. Concernant la visibilité en ligne, je ne pense pas que cela soit propre à ma génération mais plutôt propre au secteur d’activité. Encore une fois, si je regarde dans mon entourage proche, les seuls qui possèdent un site web personnel sont ceux qui ont vocation à travailler en agence, dans le web, dans le design…

Preuve en est, si vous postulez pour travailler dans une banque, l’adresse de votre site internet ne vous sera jamais demandé. Alors que si vous postulez pour travailler en agence, il y a des chances que l’on vous demande l’URL de votre site internet personnel.

8/ Tu fais partie de la « génération tutos » quels sont les sites que tu recommanderais à tes pairs pour se former ?

Axel : Pour la formation, je suis des cours en ligne sur le site Open Classroom. Cela permet à la fois de consolider certaines compétences et d’en développer d’autres, tout en ayant la possibilité d’obtenir un certificat de réussite. On peut ainsi ajouter une mention concernant ce cours sur son CV ou du moins sur son profil Linkedin. Mais il est vrai que j’ai plutôt tendance à faire une recherche sur google ou youtube pour chercher directement ce que je souhaite faire. Par exemple, j’ai eu l’occasion de rechercher « comment animer un dessin sur photoshop ». Je ne dirai pas que la source importe peu, mais je vais là où l’on m’apporte la réponse la plus claire !

9/ Est-ce que finalement ta génération n’aspire pas secrètement à devenir une bloggeuse ultra bien-payée ou un YouTubeur comme Pew Die Pie ?

Je n’avais jamais vu les choses comme ça, mais maintenant que tu me demandes… Pourquoi pas donner des conseils beautés ! Non, sérieusement, je ne pense pas. Personnellement, l’idée de devenir youtuber ne m’a jamais vraiment traversé l’esprit. Je me suis pourtant intéressé très tôt au phénomène des youtubers français, à l’époque sans penser que ces ados comme moi allaient devenir les méga-star des internets.

Par contre, être rémunéré pour partir en voyage et écrire des articles de blog, oui, je pense que ça pourrait intéresser de nombreuses personnes de ma génération.

10/ Un message à faire passer ? Un coup de gueule ? Un mot ?

Et bien si j’avais un message à faire passer à ma génération et aux suivantes, c’est de bouger, d’aller voir ailleurs, se confronter à d’autres cultures, rencontrer de nouvelles personnes. Que ce soit dans le cadre d’Erasmus en Europe pendant les études ou avec un autre programme.

Il y a toujours des opportunités, il suffit de se renseigner sur internet ou sur des salons concernant la mobilité internationale. C’est ce que j’ai fait à la fin de mes études en rejoignant le Québec. Je souhaite à tout un chacun de pouvoir vivre cela avant d’entrer définitivement sur le marché du travail.

Pour le contacter c’est par ici :

J’ai rencontré Manon l’été dernier. Son enthousiasme, son énergie, sa bonne humeur et sa vision du digital ont immédiatement attiré mon attention. C’est spontanément que je lui ai demandé de bien vouloir m’accorder une interview, jeu auquel elle s’est professionnellement prêtée. Merci Manon!

1/ Peux-tu te présenter en quelques mots et indiquer ton rôle au sein de GENILEM Vaud-Genève ?

Manon : Bonjour Michaelle !

Je me présente alors : Je m’appelle Manon Esteve et suis actuellement chef de projet web chez GENILEM Vaud-Genève.  Diplômée de mon master 2 en stratégie digitale depuis 3 mois, je travaille dans le passionnant monde du web depuis maintenant 3 ans. Mon aventure genevoise a commencé il y a 1 an et demi en agence de pub digitale.

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J’ai changé d’horizon tout en gardant le même métier et suis actuellement dans l’univers innovant des start-ups.Le métier de chef de projet web chez GENILEM Vaud-Genève permet d’être polyvalente. A savoir, d’exercer un rôle de Community Manager, de chef de projet (sur différentes missions comme la création et la refonte de sites web),  de coach digital (pour nos entreprises accompagnées), de webmaster ou encore de responsable en référencement.

2 / Es-tu seule à t’occuper des réseaux sociaux/de la stratégie digitale ou travaillez-vous en équipe?

Manon : Je suis effectivement seule à m’occuper de la partie web cependant je suis supervisée par ma responsable communication Barbara Ben Hamadi avec qui nous échangeons beaucoup.

Notre travail est complètement collaboratif et complémentaire. Je suis très autonome et on m’accorde une grande confiance au niveau de la mise en place de la stratégie digitale. Je mène d’abord mes réflexions pour ensuite les présenter à ma responsable puis à l’équipe. Nous apprenons finalement beaucoup l’une de l’autre.

3/ Quels sont les réseaux sociaux où vous êtes présents ? Certains sont-ils plus importants que d’autres ?

Manon : Nous ne pensons pas la stratégie de présence web comme des unités individuelles mais plutôt comme une logique communautaire. Nous ne relayons pas les mêmes informations sur notre Facebook et Twitter ou encore sur notre groupe de discussion  LinkedIn. Cependant le tout est lié par une stratégie commune en relation avec la vision, les valeurs et la mission de GENILEM. Nous fixons un objectif final et œuvrons dans ce sens à travers tous les outils disponibles. Par conséquent il n’y a pas de réseau social plus important qu’un autre.

4/ Quelle est votre cible sur les réseaux sociaux ?

Manon : Chaque réseau social à sa propre cible. Nous avons un ciblage assez large au vu de nos différents publics. Nous interagissons tant avec des startupeurs qu’avec des partenaires ou des parrains. C’est pourquoi nous utilisons Facebook pour atteindre un maximum de cibles, Twitter à des fins plutôt informatives et essentiellement pour faire de la veille ainsi que LinkedIn beaucoup plus orienté sur l’aspect institutionnel et professionnel.

5/ Quels outils conseilles-tu pour la gestion des réseaux sociaux et la veille ?

Manon : Je trouve l’outil Hootsuite pas mal et concernant la veille je fais le tour des journaux le matin, je regarde mes Google alertes et les fils d’actualités des réseaux sociaux pour ensuite établir une programmation.

6/ Comment vois-tu l’évolution des réseaux sociaux à l’avenir ?

Innovante et surprenante. De nombreuses plateformes vont voir le jour et ainsi en faire disparaître d’autres. Selon moi, le plus dur dans le milieu digital n’est pas de faire naître un concept et/ou un réseau social mais plutôt de le pérenniser, de le faire évoluer et surtout le sortir au BON moment.

Les réseaux sociaux vont gagner en crédibilité et se placer comme de réelles sources d’informations (c’est déjà le cas pour certains). Les contenus interactifs vont se multiplier en plaçant l’internaute au cœur de l’action. Les réseaux sociaux sont de vrais moyens pour échanger, se rencontrer ou encore…vendre.

A mon  avis le fossé entre les géants du web et les jeunes créateurs de concepts digitaux va se creuser et ainsi pousser la démultiplication de structures telles que les incubateurs ou encore les régions innovatrices comme la Silicon-Valley.

7/ Comment faites-vous le lien entre les événements off et on ?

Manon : Nous communiquons sur l’ensemble de nos évènements. Lors d’une manifestation GENILEM Vaud-Genève nous mettons en place tout un processus de communication. A savoir un avant – pendant – après sous forme de storytelling ainsi qu’une newsletter et/ou e-mailing pour certains. Nous adaptons également les réseaux sociaux en fonction des informations à diffuser et de nos différentes cibles.

8/ Un conseil pour quelqu’un qui aimerait se lancer dans une carrière dans le Community Management/Stratégie Social Media ?

Rester curieux, éveillé et passionné.

Je pense également qu’il faut être cohérent dans ses expériences professionnelles et ainsi garder une ligne conductrice.

1/ Peux-tu te présenter en quelques mots et indiquer ton rôle au sein de Public.fr ?
Soraya : Bonjour Michaelle, moi c’est Soraya, j’ai 25 ans et je suis issue de la génération 2.0. Je n’ai pas fait d’études de journalisme à proprement parler, mais des études dans le domaine de l’information et de la communication. Ce sont mes différents stages à Paris, notamment pour le groupe NRJ, qui m’ont ouvert les portes du journalisme. Cela fait désormais plus d’un an que je travaille pour le site www.public.fr en tant que journaliste pigiste. Au quotidien, mon rôle consiste à faire de la veille plutôt orientée people, (presse + réseaux sociaux + agences photos), et à choisir 10 sujets pertinents que je transforme en 10 articles de minimum 1200 signes.

2/ Es-tu seule à t’occuper de la rédaction ou travaillez-vous en équipe?
Soraya : Nous sommes une dizaine dans l’équipe de rédaction, dont quelques stagiaires. Le travail est plutôt individuel, sachant que nos tranches horaires s’étalent de 6h à 23h et donc qu’on commence presque tous à des heures différentes. Cependant, lorsqu’on repère un sujet qui correspond plus à l’un ou à l’autre on lui donne, ou bien quand on observe une faute dans une news on n’hésite pas à le faire remarquer à la personne qui l’a rédigée.

Il y a tout de même pas mal d’entraide entre les rédacteurs, même si pour moi qui travaille depuis mon domicile et non pas au bureau c’est un peu différent. Nous sommes toujours en contact via le chat de la messagerie gmail et tous les sujets du jour sont recensés dans un document (google doc) auquel tout le monde a accès pour qu’il n’y ait pas de doublon.

3/ Tu as occupé différents postes en CM, maintenant tu es journaliste est-ce que les nouvelles générations cumulent divers profils/talents selon toi ?
Soraya : Selon moi être multi-tâches est devenue une qualité indispensable de nos jours, puisqu’il devient très rare de trouver un poste où l’on s’occupera uniquement d’une seule chose. Avoir plusieurs cordes à son arc est évidemment un atout. Par exemple, moi qui n’ai pas été formée dans le domaine de la PAO, je sais que je suis passée à côté d’opportunités parce que souvent les CM sont amenés à créer du contenu visuel pour les réseaux sociaux, (heureusement chez NRJ groupe une équipe de graphistes était en charge de toute cette partie!).
Quand je regarde les personnes avec lesquelles j’ai fait mes études je remarque que nous avons tous eu le même parcours à peu de choses près, c’est à dire que nous avons cumulé plusieurs petits boulots, pas forcément dans la même branche à chaque fois. Donc oui, je pense que les nouvelles générations cumulent divers profils/talents et que souvent, ça s’avère être un avantage.

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4/ Quels sont les réseaux sociaux où vous êtes présents ? Certains sont-ils plus importants que d’autres ?
Soraya : Quand j’étais CM, je gérais plusieurs réseaux sociaux en même temps, (Facebook, Twitter, Instagram, Vine), mais les deux plus importants à l’époque étaient Facebook et Twitter, peut-être aussi parce que la cible visée était assez jeune et concentrée sur ces deux réseaux là.
Mais pour mon poste actuel, je ne m’occupe pas du tout des réseaux sociaux, la seule chose que je fais parfois ce sont des Live-Tweet d’émissions telles que : Danse avec les stars, L’Amour est dans le pré, The Voice ou encore Secret Story. Pour avoir un échange en temps réels avec son « public », Twitter reste pour moi le mieux adapté. Et étant journaliste « people », je pense que c’est aussi le meilleur moyen pour rester informée des derniers faits et gestes des stars grâce à elles-mêmes et aux contenus qu’elles postent, mais aussi grâce à leur fan- base.

5/ Quels outils conseilles-tu pour la gestion des articles et la veille ?
Soraya : Ce n’est pas moi qui suis en charge de la gestion des articles. Je les rédige et les intègre dans le back-office, mais une fois qu’ils sont en ligne je n’ai plus rien à faire, si ce n’est rajouter des photos de temps en temps et/ou pusher telle ou telle news.

En ce qui concerne la veille, nous ne la faisons pas comme on me l’a apprise à l’école, via les flux RSS ou les alertes Google par exemple. Notre façon de faire est beaucoup plus sommaire, on s’aide des applications de la presse people/sportive/d’actualités en autorisant les notifications push sur nos téléphones pour être tenu au courant des dernières informations mais aussi et surtout, en laissant libre court à notre curiosité (qualité indispensable dans ce métier), en « fouinant » le plus souvent possible sur les réseaux sociaux des célébrités et les sites people français, britanniques et américains.

6/ Comment vois-tu l’évolution du journalisme à l’avenir ?
Soraya : Je pense dans un premier temps que la presse web va prendre le dessus sur la presse écrite, si ce n’est pas déjà fait, tout simplement parce que dans mon entourage personne de ma génération ne lit plus le journal, et les magazines ont beaucoup moins la côte qu’avant. Désormais tout le monde, moi y compris, utilise son téléphone ou sa tablette pour se tenir informé.
Je pense par contre que le journalisme web a encore de beaux jours devant lui et surtout que les conditions pour accéder à ce métier ne seront plus aussi strictes qu’auparavant. Les étudiants sortis des grandes écoles de journalisme ne seront plus vraiment considérés comme « l’élite » lors des entretiens d’embauche puisque le modèle du self-made man suscite de plus en plus d’admiration.

Une personne tenant un blog qui sera passée maître dans l’art de la communication sur les réseaux sociaux et se sera constituée une petite fan base aura un profil bien plus adapté pour écrire des articles qui capteront l’attention des lecteurs qu’une personne qui a seulement appris ses cours par cœur et aura eu de très bonnes notes à ses examens.

7/ Un conseil pour quelqu’un qui aimerait se lancer dans une carrière dans le Community Management/Journalisme?
Soraya : Le meilleur conseil que je puisse donner à ce propos c’est d’enchaîner les stages, quitte à en faire des facultatifs pendant les vacances scolaires, et ce dans plusieurs branches du journalisme et/ou du community management afin de trouver la voie qui vous correspond le mieux et aussi de se créer un large réseau de connaissances grâce à vos différentes expériences.

N’oubliez pas qu’avoir les recommandations d’un ex-collègue ou d’un ancien maitre de stage sera un avantage considérable dans ce milieu où la concurrence est très forte et les places assez rares. Ne négligez pas non plus l’anglais, parce que vous serez souvent amenés à prendre des informations sur des sites anglophones et si vous ne parlez pas anglais, cela va vite devenir un handicap pour vous. Et pour finir restez curieux et passionnés par ce que vous faites et vous n’aurez jamais l’impression de travailler.

Laparenthesedigitale a interviewé 2 jeunes entrepreneurs prometteurs qui entendent bien faire connaître le financement participatif en Suisse. Avec un premier projet qui a dépassé son objectif financier, les fondateurs de Fundeego nous expose leur vision et le fonctionnement de leur plateforme. Le crowdfunding en 10 questions c’est par ici :

Question 1

Laparenthesedigitale. Cest quoi Fundeego ?

Fundeego : fundeego est une plateforme web de financement participatif. L’aspect financier étant souvent un frein aux bonnes idées, nous essayons de proposer une méthode de collecte de fonds alternative, plus libre, permettant à des porteurs de projets privés ou professionnels d’avoir une épine en moins dans le pied et de se lancer plus librement dans leur aventure créative.

Question 2

Laparenthesedigitale. Doù vous est venue lidée?

Fundeego : D’une autre plateforme de financement évoluant aux USA! C’est juste merveilleux de se dire que notre rêve peut se réaliser grâce aux dons de personnes que nous ne connaissons pas forcément mais qui partagent notre vision artistique.

Un ami nous a parlé de la plateforme Kickstarter, référence mondiale du crowdfunding. Nous étions stupéfaits par ce modèle d’activité – devenant un réel tremplin pour les créateurs de projets innovants. A ce moment, il n’y avait pas vraiment de réelle solution de financement participatif en Suisse romande et cette activité est restée longtemps méconnue du public. De plus le porteur de projet devait avoir une adresse aux Etats-Unis pour pouvoir publier son projet. Nous nous sommes donc décidés à créer notre propre plateforme qui se veut plus proche des individus. Il est possible de nous appeler directement ou de nous écrire, on fixe ensuite un rendez-vous si nécessaire afin de discuter du projet et nous créons ensemble, la campagne de financement.

Question 3

Laparenthesedigitale. Qui sont vos concurrents et quapportez-vous de différent ? Quelle est votre approche des projets ?

Fundeego : Sur le marché Suisse, Wemakeit.ch est une très grosse pointure basée Outre Sarine. Cette société a le privilège d’être déjà implantée depuis plusieurs années et jouit d’une certaine notoriété. Maboo.ch est aussi un acteur présent sur le sol helvétique. Nous concernant, nous sommes en mesure de proposer des services complémentaires au projet pouvant réellement donner une valeur ajoutée à ce dernier. Ainsi, de la retouche photo, réalisation vidéo, création de site Web et logotype sont autant de prestations qui pourront valoriser un projet lors de la période de collecte de fonds ou alors être utilisées une fois ce dernier financé.

Finalement, nous allons proposer un mode de financement exclusivement réservé aux artistes Web (Youtubers). Dans ce cas de figure, nous n’aidons pas au financement d’un projet en soi, mais directement l’artiste – qui la plupart du temps produit des vidéos sur son temps libre et avec les moyens qu’il possède. Ces contributions pourront l’aider à poursuivre sa passion et à poster du nouveau contenu.

Question 4

Laparenthesedigitale. Comment se passent vos débuts depuis la création ?

Fundeego : Le démarrage était stressant mais extrêmement enrichissant. Dans ce secteur, et particulièrement pour un nouvel acteur, il ne faut pas se presser pour trouver des projets. Il est d’abord nécessaire de gagner en notoriété et inspirer la confiance avant de pouvoir se lancer concrètement dans l’opérationnel.

Question 5

Laparenthesedigitale. Votre plus grosse galère ?

Fundeego : La plus grosse galère est indiscutablement tout le processus d’implémentation d’une solution de paiement adaptatif (API) intégrant toutes les contraintes du financement participatif. Ce domaine d’activité, très réglementé et suivi de près par la FINMA, interdit de manière générale à ce que les fonds collectés transitent et soient gérés par fundeego. Il nous fallait donc trouver un partenaire financier spécialisé dans le financement participatif – c’est tout naturellement que nous nous sommes tournés vers PayPal et nous en sommes ravis.

Question 6

Laparenthesedigitale. Votre plus grande fierté ?

Fundeego : Notre premier projet, Rapilium. C’est en effet un projet très fort, très engagé qui a su placer la créativité au service de la solidarité.  Les fonds collectés sont destinés à la production d’une compilation Rap 100% suisse, dont les recettes serons intégalement redistribuées aux différentes ligues contre le cancer présentes en Suisse. Nous avons réussi à collecter plus du double de la somme initialement demandée, c’est effectivement un réel succès et nous en sommes fiers.

Question 7

Laparenthesedigitale .Comment avez-vous trouvé votre premier projet ? / Partenaire (Etoile filante)

Fundeego : Grâce à Facebook. C’est par pur hasard que nous sommes tombés sur un post de Rapilium qui nous était visible car nous avions des contacts en commun. Nous avons écrit à Emmanuel Prontera, qui est le porteur du projet et nous nous sommes rencontrés. Il a tout de suite été séduit par notre plateforme car elle proposait une solution en lien avec sa démarche solidaire. Aujourd’hui, Emmanuel est devenu notre ami, nous nous écrivons régulièrement et nous allons évidemment suivre Rapilium de près même si la collecte de fonds est maintenant terminée. C’est aussi ça fundeego !

Nous aidons de manière générale tout individu à réaliser le projet qui lui est cher. D’un autre côté, la Fondation étoile filante, met tout en œuvre pour réaliser des rêves d’enfants atteints d’un handicap ou d’une maladie grave. Nous avons été extrêmement touchés par leur démarche et nous nous sommes engagés à leur reverser une partie de nos recettes si un de nos projets abouti.  Ainsi lorsque un internaute de fundeego souhaite contribuer au succès d’un de nos projets, indirectement, il permet à un enfant de se rapprocher de son rêve.

Question 8

Votre stratégie marketing pour vous faire connaitre ?

Fundeego : Nous pensons que pour nous faire connaître, plusieurs moyens sont bons. Tout d’abord, il ne faut pas négliger le bouche à oreille. Selon nous, c’est probablement le vecteur le plus puissant et viral. Une connaissance qui a déjà eu une expérience positive avec fundeego apporte beaucoup de crédibilité au message est espérons que cela fasse un effet boule de neige.

D’un autre côté, ne pouvant uniquement nous fier à notre belle étoile, nous allons prochainement participer à des Workshops afin de faire connaître notre activité. L’action ici a davantage une portée locale mais peut potentiellement rayonner au niveau national.

Finalement, afin de toucher la masse, la communication via les différents réseaux sociaux est aussi une méthode simple, et accessible de tous.

Question 9

Laparenthesedigitale .Des projets et ambitions pour les 2/3 prochaines années ?

Fundeego : Difficile de donner nos ambitions et projets sur le moyen-terme. Ce domaine d’activité n’a cessé d’évoluer ces dernières années ; le business model, les méthodes de financement ainsi que le fonctionnement global du crowdfunding vont certainement encore évoluer en Suisse, c’est pourquoi nous sommes pour l’instant plus dans le court-terme. Cependant, pour la vision sur 2 ou 3 ans, nous espérons avoir une belle deuxième place sur le marché suisse concernant le financement participatif « traditionnel » ainsi qu’une belle place dans le financement participatif des artistes Web. Ceci se traduisant évidemment par la réalisation de nombreux projets créatifs.

Question 10

Laparenthesedigitale .Pourquoi avoir fait appel à laparenthesedigitale pour vos contenus ?

Fundeego : Il est clair que le crowdfunding est une activité évoluant dans et avec le Web. Grâce à son expérience dans ce domaine,  laparenthesedigitale peut nous aider à exceller dans le domaine de la communication dématérialisée à destination des internautes qui n’ont pas de connaissances dans le financement collaboratif, afin de leur donner des billes dans la compréhension des mécanismes, et des avantages qu’ils pourraient en avoir. Et notamment de proposer un contenu expert pour mentionner les bonnes pratiques pour bien les choisir et les financer.

Pour consulter Fundeego en infographie

Mon amie Mélissa n’a rien d’une bibliothécaire telle que vous l’imaginez : utilisatrice avertie de Samsung, ultra-connectée et community manager par nécessité elle nous livre son quotidien de Bibliothécaire Web 3.0.

1/ Laparenthesedigitale : Bonjour Melissa, vous êtes actuellement bibliothécaire-documentaliste à l’Infothèque de la Haute école de gestion de Genève est-ce que vous pourriez nous dire en quoi consiste votre travail ?

Mélissa

Bonjour Michaelle, en effet je suis bibliothécaire-documentaliste à l’Infothèque de la Haute école de gestion. En réalité mon vrai titre est « Spécialiste en information documentaire » (abrégé : spécialiste I+D). C’est un grand et long titre pour désigner une multitude de fonctions différentes qui sont toutes liées à une seule chose : la gestion de l’information. Je gère tout type d’information qu’elle soit numérique ou papier. Ma mission est de mettre à disposition des membres de la HEG, de la documentation pertinente et fiable dans les domaines suivants : économie, informatique et information documentaire. L’équipe de l’Infothèque gère énormément de documentation digitale, accessible uniquement via des outils web complexes que nous mettons nous-même en place ou qui nous sont fournis. Finalement, les spécialistes I + D deviennent des médiateurs. On met à disposition de la documentation et des outils mais on apprend également à nos usagers à les utiliser/exploiter.

Actuellement, je suis en charge de la coordination d’Infonet economy, un portail en économie Suisse contenant les sites web des acteurs les plus importants du domaine. Ce portail collecte également toutes les publications des chercheurs des institutions Suisse en économie. Je suis également responsable des formations de l’Infothèque. Avec mon équipe je donne de nombreuses formations aux étudiants de la HEG pour leur apprendre à rechercher de l’information scientifique en utilisant les ressources électroniques de l’Infothèque. Ces ressources électroniques permettent d’obtenir des statistiques suisses ou étrangères, des données financières, des livres numériques, des articles scientifiques ou de la presse non accessible via les moteurs de recherche car il s’agit d’information payante et non indexée par ces derniers. Nous souhaitons mettre en place pour la rentrée d’automne 2015, une formation elearning. Je suis également responsable des revues (journaux, magazines) papier et électroniques. Et pour finir, je collabore également à la mise en place d’une archive institutionnelle pour le domaine « Economie et services » de la HES-SO. Il s’agit d’une base de données interrogeable via une interface de recherche qui contiendra les publications scientifiques et professionnelles de tous les chercheurs du domaine. Mon rôle sera d’archiver l’ensemble des publications des chercheurs de la Suisse romande dans le domaine « Economie et Services ». Cet archivage est essentiel pour les chercheurs, car c’est en fonction de la qualité de leur publication que le budget pour les projets de recherche se planifie.

2/ laparenthesedigitale : Comment s’opère la transformation digitale dans le monde des bibliothécaires ? Quelles sont les initiatives qui sont prises pour faire évoluer votre métier avec les nouvelles technologies ?

Mélissa

La force des bibliothèques, c’est qu’elles arrivent toujours à s’adapter et à évoluer dans leur temps. D’ailleurs, le métier de bibliothécaire existe depuis des millénaires, ce n’est pas sans raison !

Il y a 30 ans en arrière, nous avions des fiches papiers pour retrouver les documents dans les collections. Dès que le web a fait son apparition, les bibliothèques ont pris rapidement le risque de s’informatiser en supprimant les fiches papier puis en les remplaçants par des fiches « électroniques ». Les bibliothécaires disposent maintenant de catalogues en ligne pour retrouver les documents dans ses collections et disposent de multiples outils de recherche en ligne.

A l’heure actuelle, les nouvelles technologies permettent surtout de renforcer notre communication. Nous postons régulièrement sur la page Facebook de la HEG. Sur les pages web de l’Infothèque, nous publions 2 fois à 3 fois par semaine des news sur des nouveaux livres, des nouveaux dvd, des nouveaux outils de recherche par exemple. Nous expliquons aussi régulièrement des astuces de recherche. Il est possible de s’abonner à notre flux RSS pour suivre nos actualités. Nous avons également collaboré avec le service communication de la HEG, pour créer un modèle de newsletter spécial Infothèque. Nous enverrons cette newsletter 2 à 3 fois par année par email aux membres de la HEG qui mettra en valeur nos différents services ainsi que nos collections papiers et numériques.

3/ laparenthesedigitale : Quels sont les outils avec lesquels vous travaillez ? Ex Drupal…et pourquoi ?

Mélissa

Quotidiennement, j’utilise un SIGB, un Système Intégré de Gestion de Bibliothèque, Virtua, qui permet de cataloguer tous les nouveaux documents qu’on commande. Le catalogage consiste à introduire dans notre base de données une description de chaque nouveau document qu’on dispose. Grâce à cela, l’usager peut rechercher en ligne le document et ainsi le localiser dans la bibliothèque grâce à la cote (no de référence) du livre. Ce système permet également de gérer la location d’ouvrages mais aussi d’autres fonctionnalités permettant à gérer la sortie des publications en série (magazine, revues scientifiques).

J’utilise le content management system Drupal pour les mises à jour de nos pages web. Nous avons une 50aine de pages web à mettre à jour régulièrement. Nous créons nos actualités (news) via ce CMS également.

Pour les posts sur Facebook, nous avons accès à la page de la HEG. Nous avons créé notre propre page pour tester le visuel des contenus qu’on souhaite ajouter sur la page officielle.

Pour la gestion des revues électroniques, nous avons un outil fourni par notre fournisseur EBSCO qui se nomme AtoZ. Concernant les statistiques d’utilisation, nous avons des fichiers Excels.

Pour les formations, nous utilisons un learning management system (LMS) appelé Moodle. Nous continuerons à l’utiliser pour le nouveau projet d’e-learning. Pour ce projet, nous utiliserons le logicel Camtasia et d’autres outils pour produire des vidéos.

Pour toutes les tâches que nous faisons, nous élaborons des procédures-mémento sur MS-Word.

4/laparenthesedigitale : Quels conseils donneriez-vous à un/e jeune souhaitant devenir la/le futur bibliothécaire 3.0 ? Être un as des nouvelles technologies ou de la littérature en Management d’entreprise?

Mélissa

Pour devenir un(e) bon(ne) bibliothécaire 3.0, je dirai qu’il faut à l’heure actuelle être familiarisé avec les outils web tout en sachant communiquer et écrire pour le web pour ainsi garder et développer cette relation de proximité avec son public-cible. Être un spécialiste d’un domaine est bien sûr un plus à ne pas négliger car nous constituons des collections et si nous ne connaissons pas bien notre domaine de spécialisation, nous pouvons être parfois embêtés.

5/ laparenthesedigitale : C’est quoi pour vous la bibliothécaire de demain ?

Mélissa

« Le bibliothécaire de demain sera une personne très curieuse, qui sollicitera son public de manière innovante en sortant des sentiers battus. Il poussera la médiation à ses limites et ancrera son rôle dans la société. Par conséquent, il se formera en permanence afin d’être toujours à jour et de toujours fournir le meilleur service pour ses usagers »

©La Parenthèse Digitale 2015

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